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En 1934, la famille s’installe à Rambouillet, où le couple ouvre une pâtisserie chocolaterie avec une activité « traiteur ». Une idée pionnière de Marc qui fait tourner plus fort la boutique avec les beaux mariages célébrés dans les grandes fermes de la région et les fêtes données dans les résidences secondaires de Parisiens fortunés. En 1946, les Cluizel vendent leur fond de commerce et tentent un retour sur Paris.
Un destin à Damville
Un héritage emmène « provisoirement » la petite famille à Damville, en Haute-Normandie où l’inflation galopante de l’après-guerre les contraint à rester. Marc Cluizel fait contre mauvaise fortune bon cœur : puisqu’il ne peut s’installer à Paris, il achète une grosse voiture pour livrer les Parisiens. A 16 ans, Michel arrête là ses études et déclare à ses parents : « je veux venir travailler avec vous ». Commencent alors des années de dur labeur dans la pâtisserie familiale aux côtés de ses parents. La mère et le fils trempent à la fourchette et à quatre mains six kilos de chocolats à l’heure, un record en soi. Leurs efforts sont couronnés de succès. Les commandes affluent. Les Cluizel prolongent le local initial de 30 m2 en annexant le bûcher, puis une maison avec étage et sous-sol sur le terrain des grands-parents. Ils acquièrent également le bâtiment de l’autre côté de la rue. En 1964, l’entreprise compte 50 personnes. Michel a de l’ambition et l’esprit d’initiative : à 29 ans, il achète, seul et contre l’avis paternel, un hectare de terrain dans le haut Damville pour y construire une chocolaterie moderne. Il doit attendre 1969 pour obtenir enfin l’accord de son père sur ce nouveau projet. En 1971, les « machines » à chocolat sont montées dans les 1800 m2 des nouveaux locaux, ouvrant une nouvelle voie de développement.
Les clés du succès
Mais comment passe-t-on de modeste artisan chocolatier à dircteur d’une chocolaterie mondialement reconnue ? Une première réponse est apportée par « la passion des machines » partagée par le père et le fils, qui mécanisent dès 1953 le remplissage des moules alors que leurs confrères font encore tout à la main. Mais encore ? Michel Cluizel, le regard pétillant nous confie son secret : « savoir saisir les opportunités. On a toujours la possibilité de dire oui ou non, mais il faut profiter de la chance qui passe. » Comme l’a fait, à maintes reprises son propre père, notamment lorsqu’il a soufflé a Suchard une enrobeuse vendue aux enchères. Devant un délai demandé par l’acheteur délégué par l’illustre chocolaterie suisse, Marc Cluizel clame avec fierté « Je suis le directeur et j’achète ! », permettant ainsi à l’entreprise familiale de s’équiper à bon prix. Et puis vient naturellement la qualité des matières premières, un parti-pris qui demande de résister aux sirènes de la facilité. Au fournisseur qui s’étonne de voir Michel Cluizel acheter très cher des noisettes entières pour faire du praliné, ce dernier répond avec superbe qu’il préfère les briser lui-même. « Sinon, vous comprenez, on a des morceaux inégaux, certains vont brûler en cours de cuisson et d’autres ne seront pas assez grillés ». Marc Cluizel, deuxième fils de Michel Cluizel et actuel directeur de la chocolaterie, adhère au même credo de qualité, avec l’engagement « Ingrédients nobles » de la société. Après cette incursion dans notre XXIème siècle, fermons la porte des locaux flambant neuf de la chocolaterie de 1971. La suite de la saga est à lire dans une prochaine édition de nos « paroles d’experts.
Chocolaterie Michel Cluizel avenue de Conches 27240 Damville
Catalogue sur notre site, cliquez ici Site Web : www.cluizel.com
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