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![]() Cabosses Piura - ©Jean-Paul Hévin |
Terre originelle des cacaoyers, le Pérou a longtemps laissé sommeiller leurs belles fèves au bois dormant de la verte Amazonie. Mais, un beau matin du 21e siècle, le cacao est apparu comme une culture complémentaire au café et alternatif à la coca des narcotrafiquants. En seulement dix ans, la production de cacao a doublé, passant de 22 000 à 40 000 tonnes. En juillet dernier, le Pérou a fêté le succès croissant de ses cacaos à l’exportation par un Salon du cacao et du chocolat, une première en Amérique du sud. |
D’un blanc pur, précieux cacaos de Piura …
Située, au nord, à 4° en dessous de la ligne de l’équateur, Piura est l’une des neuf régions productrices de cacao au Pérou. Elle présente un étonnant biotope pour des cacaoyers, réputés pour leurs besoins en eau, avec un sol aride, composé d’un fin limon où ne poussaient autrefois que des algarrobos(caroubiers), des arbres du désert plongeant leurs racines jusqu’à 30 mètres de profondeur pour atteindre une nappe phréatique. Mais depuis 25 ans, le climat a changé. Il est devenu suffisamment humide à proximité des Andes pour mettre en culture des cacaoyers locaux adaptés au régime sec. Selon les producteurs péruviens, le stress dû à la privation en eau, a favorisé la mutation des arbres en cacaoyers criollos. A Piura, les criollos présentent des cabosses jaunes à bout rond renfermant des fèves blanches, si blanches qu’elles sont appelées porcelana. Une particularité qui leur a valu d’être parfois refusées par des acheteurs à la recherche de fèves standard, d’un violet profond ! Il n’y a pas si longtemps, les seuls cacaos cultivés au Pérou étaient des hybrides productifs, vendus à bas prix aux importateurs équatoriens pour en faire du beurre de cacao ou écoulés sur le marché national pour être transformés en chocolat a la taza (chocolat à boire). Mais les temps ont changé et les femmes de la coopérative ASPROBO (association de producteurs de bananes et de cacao biologiques) à Buenos Aires, nous proposent de déguster une agréable spécialité péruvienne, la chocoteja, un gros bonbon de chocolat élaboré avec des fèves locales et fourré de confiture de lait. Ces tejas comparables dans la présentation, à nos papillotes lyonnaises, sont une création récente allant de pair avec le développement de la culture du cacao. « Il y a seulement cinq ans nous n’aurions jamais imaginé ça, avoir des parcelles replantées rien qu’avec de cacaoyers », explique l’un des responsables de la coopérative, « mais nous voulons faire de Buenos Aires, une référence mondiale du cacao aromatique et biologique. Nous avons des qualités de cacao qui n’ont rien à envier à celles du Venezuela. ».
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Un cacao au goût d’Amazonie
« Oro verde », l’or vert, la coopérative perchée à flanc de montagne à Lamas près de Tarapoto (région de San Martin), porte bien son nom. Etablie dans un échancrure de la forêt amazonienne, elle commercialise cafés et cacaos d’altitude ces derniers cultivés à plus de 1000 mètres. Un record pour lescacaoyers qui baignent ici dans la moiteur éternelle d’un climat équatorial humide. Parmi les 1200 membres de la coopérative d’Oro Verde, la moitié sont d'origine Chanka, une ethnie dont l’histoire remonte à plus de 4000 ans. Entre tradition et modernité, croyances ancestrales dans les esprits des arbres -à Lamas, les cacaoyers sont représentés avec des yeux- et sélection de cultivars soigneusement élevés dans un jardin de clones, les Chankas produisent l’un des meilleurs cacaos du Pérou. En 2008, ils ont remporté le premier prix du concours national de cacao.
Traverser la rivière Huallaga en 4x4 et foncer sur la piste boueuse qui relie la ville de Juanjui aux plantations d’Alto El Sol, au cœur de la selva amazonienne, pourrait avoir un parfum d’aventure. Mais la prouesse est ailleurs. Elle est le fait d’hommes et de femmes qui résistent ou ont résisté aux menaces des narcotrafiquants lorsqu’ils ont commencé à remplacer l’arbre à coca par son concurrent naturel, le cacaoyer qui pousse dans le même biotope. Avec pour mots d’ordre des valeurs morales énoncées par les fondateurs d’ACOPAGRO,: responsabilité, solidarité et confiance. Cette coopérative partie de rien en 1997 exporte à présent 2000 tonnes de cacao certifié biologique et équitable, produisant un revenu de 4 millions de dollars U.S. Dans la région de San Martin, qui était soumise, il n’y a pas si longtemps aux exigences des passeurs de coca, le cacao procure une sécurité de revenus et une nouvelle existence aux familles qui le cultivent avec la promesse d’un rendement de 1000 kilos à l’hectare et d’une récolte tous les quinze jours. Au Pérou, le cacao, c’est la vie.
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célèbre chocolaterie lyonnaise du même nom s’en est léché les doigts ! « C’est la meilleure façon d’apprécier un plat, comme me l’a appris mon grand-père maternel, Paul Bocuse », a-t-il déclaré à Astrid Gutsche qui a fait de ce repas un voyage initiatique au pays des saveurs péruviennes.
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Archives :
> Lune de miel et de chocolat au Xoconusco
> Un dimanche à Paris
> Quand le Pérou fête ses cacaos
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Photos : Valentine Tibère / Article : Valentine Tibère 1er décembre 2010

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Un choix de chocolat haut de gamme et une sélection des produits après dégustation de nos experts.